Georges SIMENON (1903-1989)

Georges Simenon Par ©ErlingMandelmann.ch, CC BY-SA 3.0

"Les livres de Georges Simenon resteront les compagnons de générations de lecteurs   de tous les continents. (...) Au confluent lui même de plusieurs cultures,Georges Simenon nous laisse une oeuvre qui est devenue patrimoine collectif de l'humanité."                                                                                               hommage de François Mitterrand à la famille Simenon, le 08 septembre 1989.

Il y a 30 ans, le 4 septembre 1989 disparaissait , à l'âge de 86 ans, l'écrivain belge francophone Georges Joseph Christian Simenon dit l'homme à la pipe.                         Petit aparté : sa vie commence par un mystère. Officiellement né  le 12 février 1903 à Liège ; dans les faits, sa mère lui a donné naissance à 00h10 le vendredi 13 février. Superstitieuse, elle a prié son mari de faire une fausse déclaration pour ne pas placer l'enfant sous le signe du malheur.

Georges Simenon abandonne l'école à l'âge de 15 ans et exercera plusieurs petits emplois. Il débute très jeune dans le journalisme (La Gazette de Liège) et écrira sous divers pseudonymes.Il signera sous son vrai nom en 1931 et deviendra célèbre, notamment , en créant le personnage devenu mythique du roman policier, Le Commissaire Maigret qui lui vaudra une renommée internationale.                                   De son premier roman écrit sous un pseudonyme en 1921 à son dernier publié en 1972, il aura eu une activité littéraire importante et nous aura laissé une oeuvre considérable. Sous le nom de Simenon, il aura signé 192 romans, 158 nouvelles, plusieurs oeuvres autobiographiques, de nombreux articles et reportages. Il compte parmi les auteurs francophones  les plus traduits dans le monde et l'un des plus adaptés au cinéma comme à la télévision. En 1952, il accepte le fauteuil de membre de l'Académie Royale de langue et littérature française de Belgique.Bien que flatté par cet honneur, il sera jamais très à l'aise dans le milieu des Belles Lettres.

Retrouvez quelques oeuvres (monographies) de cet illustre romancier au sein des collections des BU ainsi que de nombreux articles (relatifs à G. Simenon) depuis nos bases en ligne (CAIRN, Europresse...) accessibles à distance exclusivement aux membres de la communauté universitaire de la Réunion (identifiant obligatoire).
En complément de vos lectures, jaugez au son d'une voix.

Bien à vous

Des vies de mémoire : Lanzmann - Veil

Claude Lanzmann est mort le 5 juillet 2018. Pour beaucoup il restera le réalisateur du grand film de la mémoire de l'horreur nazie, "Shoah".

Source et fiche du film : IMBD

Neuf heure et trente minutes de reconstitution historique à travers les témoignages des vivants -- témoins, rescapés, bourreaux. Claude Lanzmann avait choisi de n'utiliser aucune image d'archives. Il lui a fallu douze ans pour mener ses recherches dans le monde entier, rencontrer ses interlocuteurs, filmer et monter la grande "sépulture" du peuple juif (1).

Quelques jours auparavant, Simone Veil est entrée au Panthéon, un an après son décès. Elle avait été la compagne de Lanzmann. Elle avait raconté les camps et son difficile retour de déportation. Une "expérience incommunicable" qui pourtant impose la parole comme "une nécessité, une promesse qu'on a faite et un engagement" (2). Comme lui, elle avait alimenté la réflexion sur le rôle de la mémoire et sur l'importance d'articuler témoignages et Histoire.

Notes :

(1) : On dit de lui qu'il avait "donné au peuple juif la sépulture qui lui manquait" (Didier Sicard).
(2) : Source sonore via France Culture

Les vies de Malcolm X

Commencer sa vie dans l'extrême pauvreté, la drogue et la délinquance, la finir brutalement, haï d'une partie des siens et révéré de l'autre, icône internationaliste de la lutte pour les droits civiques. Il a fallu plus d'une vie à Malcolm X au cours de son existence pour atteindre le statut qui fût le sien lors de son assassinat en 1965.

Militants garveyiste de la première heure, ses parents furent son premier contact avec la cause internationale des noirs durant les années 30. Sa jeunesse sera jalonnée de drames avec la mort mystérieuse de son père alors qu'il n'a que 6 ans et l'internement de sa mère en asile psychiatrique 8 ans plus tard. Il est alors recueilli par un couple blanc et suit une scolarité blanche. C'est la première réinvention de Malcolm décrit dans l'extraordinaire biographie de Manning Marable, "Malcolm X, une vie de réinventions" (disponible à la BU Droit-Lettres-Océan Indien à la cote 327.73 MAR).

Avec une précision chirurgicale, Marable et son équipe retrace semaine après semaine le cheminement de Malcolm des rues de Boston, Chicago, Detroit ou Harlem. De Malcolm Little à "Detroit Red" le petit dealer jusqu'à Malcolm X, leader charismatique et envié de la Nation of Islam (secte hétérodoxe qui prône le séparatisme et le nationalisme noir), prêcheur exceptionnel, travailleur infatigable et visionnaire sur la place des noirs dans la société américaine des années 50-60.

A partir d'archives variées dont les dossiers de surveillance du FBI, Marable n'épargne aucune zone d'ombre de la vie de Malcolm X (sa misogynie, son antisémitisme, son mariage malheureux, ses échecs politiques,...) pour en faire une étude à hauteur d'homme qui ne se laisse pas éblouir par la force du mythe. Marable propose un éclairage nouveau sur la vie d'une figure marquante de la lutte pour les droits civiques, précurseur du Black Power.

C'est aussi de la place des noirs et des droits civiques dont il est question dans l'éblouissant documentaire, "I am not your negro" de Raoul Peck sur l'écrivain James Baldwin, ami proche de Martin Luther King et Malcom X.

Idées de lecture : musique !

Les arts sont présents également dans vos bibliothèques : arts plastiques, cinéma, musique... Aujourd'hui, deux livres de la BU Droit-Lettres sur deux acteurs majeurs de la musique

  • David Bowie :

Né le 8 janvier 1947 à Londres dans le quartier de Brixton (Royaume-Uni) et mort le 10 janvier 2016 à New York dans le quartier de Manhattan (États-Unis), David Bowie est un musicien, chanteur, auteur-compositeur-interprète, producteur de disques, peintre et acteur britannique.

En 2001, il soutient la cause tibétaine en donnant un concert à New York en exprimant un vif intérêt pour le bouddhisme.

Une discographie impressionnante dans le monde artistique telle que la musique, la chanson et le cinéma.

En rayon, retrouvez l'ouvrage : Bowie : l'autre histoire / Patrick Eudeline (Point, 2017)

En ligne vous pouvez visiter le site officiel de Bowie. Ou encore revoir quelques prestations musicales :

  • Leonard Cohen :

Né le 21 septembre 1934 à Westmount et mort le 7 novembre 2016 à Los Angeles, Leonard Cohen est un auteur-compositeur-interprète, musicien, poète, romancier et peintre canadien.

Son premier recueil de poésies paraît à Montréal en 1956 et son premier roman en 1963.

Leonard Cohen s’inspire souvent des mêmes thèmes dans ses chansons : l'amour-passion, la religion, la solitude, la sexualité et la complexité des relations interpersonnelles.

Il a à son actif  une discographie impressionnante et un succès incontournable dans le milieu artistique avec sa voix grave reconnaissable entre tous.

En rayon, retrouvez l'ouvrage : Le livre du désir : book of longing poèmes / Léonard Cohen (Point, 2013).

En ligne, vous pouvez consulter le site officiel de Léonard Cohen.

Billet rédigé en collaboration avec Sylvie Mastagli.

Idées de lecture : Matthieu Ricard

Matthieu Ricard, né en France,  le 15 février 1946 à Aix-les-Bains est docteur en génétique cellulaire, moine bouddhiste tibétain, auteur, traducteur et photographe. En 1967, étudiant en génétique cellulaire, part en Inde, à Darjeeling, pour rencontrer les grands maîtres spirituels tibétains.

Il est le fils du philosophe français Jean-François Ricard dit Revel (essayiste, journaliste et académicien) et de l'artiste peintre Yahne Le Toumelin. Elle s’intéresse dès son plus jeune âge à la philosophie, la spiritualité et à l’ésotérisme.

En 1979, il devient moine et aujourd’hui, il réside au monastère de Shéchèn au Népal.

En 1980, grâce à Dilgo Khyentsé Rinpoché (maître bouddhiste), il rencontre pour la première fois le dalaï-lama, dont il devient l'interprète pour le français à partir de 1989.

L’Université de la Réunion a eu le privilège de le recevoir et d’honorer de sa présence pour y animer une conférence/débat sur l’Altruisme au cours du 1er trimestre 2017.

 

Quelques références à retrouver dans vos BU :

Et aussi :

 

Billet rédigé en collaboration avec Sylvie Mastagli.

Crédit image : Portrait de Matthieu Ricard : CC BY-SA 4.0 Jon Schmidt

 

Lire et écouter Simone Veil

Un hommage possible à Simone Veil est de prendre le temps de la lire ou de la réécouter. Dans les archives sonores en ligne, ou dans les bibliothèques de l'Université de La Réunion vous trouverez notamment ces 6 propositions :


"Une vie". Dans son récit autobiographique paru en 2007 Simone Veil évoque sa jeunesse, son expérience des camps de concentration et ses engagements politiques : femmes, santé, Europe. > Lire un extrait en ligne (éditions Stock)
Un DVD documentaire retrace également son parcours : Simone Veil, Une histoire française (2004)

Droits et santé des femmes. Le vote en 1974 de la loi sur la légalisation de l'avortement, communément appelée Loi Veil, fit l'objet de grands débats, houleux, violents : "Je n'ai jamais ressenti autant de haine, une vraie haine, une haine qui veut tuer", confiera Mme Veil. Il y eut aussi de grands plaidoyers. Dans les archives de Radio France, on peut réentendre le discours de Simone Veil, alors ministre de la santé,  à l'Assemblée Nationale le 26 novembre 1974. Côté cinéma, c'est Emmanuelle Devos qui incarne la politicienne à ce moment clé de l'histoire des femmes dans le film La loi (le combat d'une femme pour toutes les femmes).

source : Internet Archive / Assemblée Nationale

Témoigner. Simone Veil, comme d'autres, a raconté les camps.  "Ce qui est insupportable, c'est de parler et de ne pas être entendu" (archives sonores de Radio France). A l'occasion d'un colloque sur l'histoire de la Shoah (1992), elle confiait avec beaucoup d'humilité ce regard de témoin. Elle rappelait, et c'était l'un des buts du colloque, l'importance d'articuler et faire dialoguer témoignages et Histoire. Tous deux partagent la même quête de réponses "à ce qui demeure largement inimaginable et incompréhensible". Tous deux rencontrent des obstacles : mur de silence, déni, urgence du consensus et de la reconstruction. Ils s'interpénètrent, se complètent, par delà les contradictions inévitables des paroles des survivants. "Le temps des historiens est venu" répétait-elle. Toujours en réflexion, elle s'interrogeait sur l'opportunité d'une loi sanctionnant le négationnisme :

"Y a-t-il lieu d'adopter une démarche de caractère exceptionnel, sans précédent, s'agissant de la Shoah ? La vérité historique doit-elle faire l'objet, en l'espèce, d'une protection juridique particulière?" (Réflexions d'un témoin)

En réponse elle invitait à s'engager dans l'analyse des "formes variées de résurgence de racisme", et dans la défense de la démocratie.

Références et accès : 

Idées de lecture : Albert Londres, une valise à la main

"Une valise, on dirait que c’est la liberté qu’on a dans la main". (Adieu Cayenne)

"La seule ligne que je connaisse, c'est celle de chemin de fer"

Voyageur infatigable, Albert Londres n'a eu de cesse de sillonner les continents et d'observer le monde comme il va. Il soumettait ensuite ses chroniques à la presse, au Petit Journal, à l'illustré l'Excelsior, ou au Petit Parisien. Un vaste monde en mouvement :

Albert Londres chez l'éditeur Le Serpent à Plumes

La France n'est pas en reste, explorée dans ses marges, dans les asiles (Chez les fous, 1925) ou près des prisonniers de Cayenne (Au bagne, 1923, ou encore le roman L'homme qui s'évada, adapté en BD par Laurent Maffre).

BD, dispo en BU Sciences

"Le médecin voit l'homme, l'administration voit le condamné. Pris entre ces deux visions, le condamné voit la mort" (Au bagne)

"Le café qui vient de Moka pousse au Brésil. On l’embarque sur l’Atlantique Sud. L’Atlantique Nord le berce un moment. Il passe par Gibraltar et, doucement, il s’amène sur la Méditerranée. Marseille ! On le débarque. On va le boire ? Pas si vite. Rentrez vos tasses dans le buffet. On le rembarque" (Marseille, porte du Sud)

 

A travers ses reportages, une constante domine : derrière l'humour, qui rend sa lecture si savoureuse, Albert Londres cherche le frère, le commun, ce qui fait que l'étrangeté de l'Autre nous ressemble toujours finalement. En négatif, il peint les visages de l'exploitation : les forçats des routes africaines comme ceux de la pédale du Tour de France (Tour de France, tour de souffrance, 1924).

Car nous sommes dans les années 20 et 30 et de grands bouleversements sont à l'oeuvre : le journaliste-reporter de l'Excelsior et du Petit Parisien conte l'essor du commerce international (Marseille, porte du Sud, 1927), de l'antisémitisme (Le juif errant est arrivé, 1930) et de la contestation du colonialisme (Terre d'ébène, 1929).

Livres empruntables disponibles en BU Droit-Lettres

Un goût pour l'absurde, un ton alerte, des phrases chocs et souvent elliptiques, font d'Albert Londres une plume au style unique qui emporte l'adhésion et permet d'entrer facilement, par jeu, dans ses reportages exigeants. Avec toujours cette impression d'en sortir plus intelligent -- du moins, mieux informé et bien diverti !

On comprend pourquoi le Prix Albert Londres, qui récompense les travaux journalistiques des grands reporters, porte son nom.

source : @DR France 3 Nouvelle Aquitaine

Ouvrages à retrouver principalement à la BU Droit-Lettres, ou à faire venir dans votre BU pour les emprunter. Vous préférez une version numérique ? Ces deux bibliothèques numériques proposent différentes anciennes éditions directement consultables en ligne :

Pour retrouver plus de citations d'Albert Londres, on peut naviguer chez Babelio.

I am not your negro : James Baldwin

Littérature et cinéma, une longue histoire d'amour ? Au festival de Cannes cette année, ce ne fut pas moins de 12 films adaptés de livres et l'on considère désormais que les adaptations représentent un quart ou un cinquième des films proposés au cinéma. Il est moins fréquent en revanche de baser un film sur les seuls textes d'une oeuvre non fictionnelle d'un auteur engagé. C'est le cas du film "I am not your negro" du réalisateur haïtien Raoul Peck, actuellement en salle à La Réunion.

Un film coup de poing conçu sur des matériaux bruts : les images d'archives des mouvements afro-américains et les mots de Baldwin. La variété des sources audiovisuelles et les différents formats et tailles des images originales, qu'il a fallu retravailler, donnent au film un réel dynamisme de combat. Le choix d'intégrer les images les plus récentes des mouvements #BlackLivesMatter ancre les mots de James Baldwin dans une contemporanéité saisissante. I am not your negro est une expérience cinématographique totale dont le succès inattendu, aux Etats-Unis comme chez nous, montre la forte actualité des combats pour l'égalité de tous.

Un contre-point théorique fort au non moins excellent film "Get Out" (également en salle à La Réunion), variation haletante et décalée qui reprend les codes des films d'horreur sur la question raciale.

Quel rapport avec vos BU ?

L'occasion de découvrir ou relire James Baldwin. Dans vos bibliothèques, vous trouverez les textes de James Baldwin au rayon Littérature 810.20 BALD. Y figurent également les études critiques sur son oeuvre. Ici, un article canadien qui présente quelques titres : Relire James Baldwin.

Exemples de textes de Baldwin dans les BU de La Réunion

Pour aller plus loin, quelques autres propositions de lectures dans le même domaine :

Bande annonce :

Femmes d'exception

A l'occasion de la Journée internationale de la femme, la Bibliothèque Universitaire Droit-Lettres-Océan Indien vous propose du 6 au 11 mars une sélection thématique :

" Ces femmes d'exception "

Venez découvrir ou redécouvrir ces femmes qui ont marqué l'histoire, la littérature, l'art,... chacune à sa manière !

Par exemple :index

Simone Veil : Grande dame, rescapée d‘un camp d’extermination, politicienne qui défendra notamment le Droit à l’avortement en 1974 à l’Assemblée nationale, élue à l’Académie Française en 2008.

Les Soeurs Grimké : femmes américaines militantes actives contre l’esclavage et pour les droits des femmes au XIXe Siècle.

Louise Michel : institutrice, militante lmanarchiste, franc-maçonne, aux idées féministes et l’une des figures majeures de la Commune de Paris.

Wangari Maathai : Née en 1940 au Kenya, Wangari Maathai a fait ses études aux États-Unis et en Allemagne. Pour son militantisme en faveur de la protection de l'environnement et des droits des femmes, elle sera la première Africaine à recevoir le Prix Nobel de la paix.

mais aussi : Jeanne d'Arc, Lucie Aubrac, Cléopâtre,  Élisabeth I et II, Catherine de Médicis, Simone de Beauvoir,...

Liste complète en cliquant ICI !

Un peu de poésie avec Jacques Prévert

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By Catherine Prévert CC-BY-SA-1-0

Il y a 40 ans disparaissait Jacques Prévert. Qui n'a pas appris une poésie de Jacques Prévert à l'école ?
Vos BU de La Réunion vous proposent de vous replonger dans sa poésie et dans votre enfance :

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Consultez la liste des livres de et sur Jacques Prévert en cliquant sur cette image.
Venez à la BU pour les emprunter ou faîtes-les venir par la navette.

 

Jirô Taniguchi, le mangaka bienveillant

Source : Actualitté

Source : Actualitté

C'est une grande perte pour le Japon et plus largement pour la bande dessinée : Jirô Taniguchi est mort. Célèbre pour ses mangas sensibles et inspirants, il a donné des chefs d'oeuvre comme :

  • L'homme qui marche, grand récit de l’anodin et de l’introspection sereine
  • Quartier lointain, dans lequel un homme fatigué loupe sa station de train et débarque, sans d'abord le comprendre, dans son quartier d'enfance...  Le voilà parti pour revivre littéralement son adolescence, dans la peau de ses 14 ans... avec son esprit d'adulte. Une fable humaniste aux thèmes universels primée tant au Japon qu'en Occident.
  • Le Journal de mon père, etc.

Pour vous donner envie de découvrir ou redécouvrir son univers, les bibliothèques de La Réunion vous proposent ce tour d'horizon. Retrouvez ici dans notre catalogue les titres que vous pouvez emprunter à la BU Sciences (ou à faire venir dans votre BU!).

Odes au savoir et à la nature. Grand amateur de nature, Jirô Taniguchi a porté les combats de l'homme jusqu'aux plus hautes cimes comme dans K, l'esprit des sommets ou dans la série Le Sommet des Dieux. Dans cette épopée sportive adaptée d’un célèbre roman japonais, on côtoie les légendes, celle de George Mallory, célèbre alpiniste mort durant l’ascension Nord de l’Everest, mais aussi celle des sommets de l’Himalaya et des vents sacrés. Ultra documentée, la série offre de splendides scènes d’escalade que l’on goûte le souffle coupé.

L'esprit d'aventure irrigue aussi ses œuvres animalières : on suit la trace d'un élan, on traque un ours ou l'on se fait encercler par une meute de loups dans les nouvelles de L'homme de la toundra, où l'on retrouve même le célèbre auteur américain Jack London. Des épisodes de chasse qui deviennent métaphoriques dans Setonportrait du Canadien Ernest Thompson Seton : incroyable scène dans le Museum d’histoire naturelle de Paris quand le jeune auteur naturaliste découvre les collections de la bibliothèque spécialisée du musée...! Jirô Taniguchi a même dessiné une Encyclopédie des animaux de la préhistoire.  Autant d’odes au savoir et à la nature.

L'intime. Chez lui, la nature n'est pas qu'un cadre grandiose aux "folles passions des hommes" (note) : elle symbolise surtout la double exigence d'humilité et de vaillance. Humilité que l'on retrouve dans la célébration de l'anodin d'une marche en ville (L'homme qui marche), du silence d'un arbre (les nouvelles de L'Orme du Caucase) ou d'une rencontre (Les années douces). Et vaillance au quotidien lorsqu'il s'agit d'affronter ses démons personnels : la quête d'un père, une famille en délitement, ou une promesse d'honneur (Journal de mon père, Quartier lointain, Le sauveteur).

 

Le "Hergé japonais". Célèbre en France, Jirô Taniguchi était en retour fasciné par la bande dessinée franco-belge, qu'il a pu expérimenter dans son album La Montagne magique, conçue au format BD avec ses contraintes et atouts, et dans Icare, en collaboration avec le grand Moebius. Cette inépuisable source d'inspiration européenne lui a valu le surnom de Hergé japonais.

Quel que soit le manga choisi, on ressort d'une lecture de Jirô Taniguchi avec un subtil sentiment d'amitié -- envers soi, les autres et le monde qui nous entoure. Et ce n'est pas rien !

Source des images : Bedetheque.com.

Femmes de sciences : Emilie du Châtelet

Emilie du Châtelet, portrait par Quentin de La Tour

Emilie du Châtelet, portrait par Quentin de La Tour

Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil est née le 17 décembre 1706 et est morte le 10 septembre 1749. Pendant très longtemps, elle ne fut reconnue que comme la protectrice de Voltaire. Ses contributions en tant que mathématicienne, physicienne et femme de lettres commencent à être reconnues depuis la fin du XXe siècle.

Son père était de la petite noblesse, mais il avait un poste à la cour de Louis XIV en tant qu'introducteur des ambassadeurs. Il tenait un salon hebdomadaire à Paris qui recevait des écrivains et des scientifiques, dont Fontenelle, le secrétaire perpétuel de l'Académie Royale des Sciences. Elle reçut la même éducation que ses frères : un privilège rare à cette époque. Elle étudia les mathématiques, la physique, plusieurs langues dont le latin, la littérature, l'équitation, le clavecin, le chant et la danse.

Après son mariage avec le marquis du Châtelet en 1725, elle mène une vie de femme de cour mondaine. Après avoir donné naissance à trois enfants, son mari et elle menèrent des vies séparées. Elle rencontra Voltaire en 1733. Ils s'installent à Cirey-sur-Blaise en Haute-Marne. Elle reprend alors des études scientifiques, notamment en se formant auprès de Maupertuis et de Clairaut. Elle étudie Leibniz et correspond avec Euler, différents membres de la famille Bernoulli, Koenig et Réaumur.

Une aile fut ajoutée à la demeure pour abriter des laboratoires. C'est Voltaire qui introduisit Emilie aux idées de Newton qu'il avait découvertes pendant son exil en Angleterre. Ils collaborèrent sur leurs recherches et entrèrent même en compétition en 1737 au Prix de l'Académie de Paris sur la nature du feu. C'est Euler qui finit premier de la compétition. Les soumissions étant anonymes, les contributions de du Châtelet et de Voltaire furent toutes les deux considérées comme étant de bonne qualité et furent publiées avec celles des gagnants. C'est ainsi qu'elle est devenue la première femme à être publiée par l'Académie des Sciences. Elle continua ses recherches sur la nature du feu et en déduisit que la couleur des flammes dépend de la température, ce qui préfigure la découverte des infrarouges.

Elle publia en 1740 les Institutions de physique, un livre sur les fondements de la physique, destiné à l'éducation de son fils de 13 ans. Deux articles du Journal des sçavans en firent des critiques très positives. Une partie de l'ouvrage, qui porte sur les forces vives, provoqua une controverse entre Emilie du Châtelet et le secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, Dortous de Mairan. En 1742, l'ouvrage eut une seconde édition incluant les réponses d'Emilie à de Mairan et fut traduit en allemand et en italien. Il fit l'objet d'une troisième édition en 1744 après des modifications toujours suite à la controverse.

Une partie de la décennie de 1740 fut consacrée à l'oeuvre pour laquelle elle est le plus connue : la traduction en français des Principia mathematica philosophiae naturalis de Newton, publié en latin en 1687. Elle a non seulement traduit en français le texte, mais elle a fait la transition entre le système de géométrie euclidienne utilisé par Newton et le nouveau système de notation mathématique inventé par Leibniz. Elle a aussi utilisé ce manuscrit pour faire un commentaire des travaux de Newton, expliquer les idées de Newton à un niveau compréhensible par des non-mathématiciens et remettre en cause certains de ses résultats. Cette traduction est à l'heure actuelle la seule qui ait jamais été faite en français des Principes mathématiques de Newton. Emilie du Châtelet a été un des piliers dans l'acceptation de la physique newtonienne en Europe.

Elle est morte en 1749, suite à un accouchement difficile. A l'époque, les grossesses dans la quarantaine étaient risquées pour la mère. Craignant de ne pas survivre, elle se consacra à la traduction des Principes mathématiques et les envoya au bibliothécaire du roi quelques heures avant sa mort. Il fallut attendre 10 ans pour que Voltaire réussisse à faire publier sa traduction, à titre posthume.

Ses écrits, à retrouver en ligne :

Sur Emilie Du Châteler, en ligne :

Claude Seignolle, écrivain presque centenaire

Ce Conteur de loups a fêté ces 99 ans, le 25 juin 2016. Découvrez ou redécouvrez cet auteur qui nous entraîne dans des mondes inexpliqués.

Sa biographie dans Wikipédia

Eric Poidron, son ami et éditeur de "Au château de l'étrange" témoigne de sa rencontre avec ce maître du fantastique dans cet article paru sur le site ActuaLitté : "Claude Seignolle, rencontre avec un centenaire insaisissable"

Les BU de l'Université de La Réunion vous proposent de lire quelques textes de cet auteur presque centenaire et surtout des études sur son oeuvre :

Références des titres dans Papangue en cliquant sur l'image

Bonne lecture

Le "Che" : itinéraire d'une légende

Si le Che n'avait pas été capturé puis exécuté en 1967, il aurait pu fêter ce mois-ci ses 88 ans. Héros pour certains, provocateur arrogant pour d'autres, retour sur le parcours d'une légende.che

Né le 14 juin 1928 en Argentine dans une famille bourgeoise, il est l'aîné de 5 enfants. A 20 ans, il entreprend des études de médecine.
Avec son ami Alberto Granado, il prend en 1951 une année sabbatique afin de réaliser leur rêve: traverser à moto l'Amérique du Sud. Guevara relate cette épopée dans Diarios de motocicleta: Notas de viaje por America Latina. C'est durant ce voyage, confronté à l’extrême pauvreté, qu'Ernesto Che Guevara en vient à la conclusion que le seul remède aux inégalités sociales de l'Amérique Latine est la révolution par les armes.

En 1956, il part pour Cuba avec Fidel Castro dans le but de lutter contre le régime de Batista : c'est la Révolution Cubaine. Après des années de lutte, Guevara et Castro finissent par triompher le 29 décembre 1958. Batista jette les armes et s'enfuit à Saint-Domingue.
Dès le 2 janvier il est nommé par Fidel Castro commandant et "procureur suprême" de la prison de la forteresse de la Cabaña, sorte de tribunal révolutionnaire qui exécute plus d'une centaine de policiers et militaires du régime précédent jugés coupables de crimes de guerre.

Guevara va tenter d'exporter la révolution à travers l'Amérique Latine et notamment en Bolivie qui se trouve depuis 1966 sous la dictature militaire du général René Barrientos.
Le Che racontera son combat dans El diario del Che en Bolivia. Le journal commence le 7 novembre 1966, jour de son installation dans une ferme qui lui servira de campement, et se termine le 7 octobre 1967, veille du jour où le seul groupe restant de la guérilla est anéanti par l'armée bolivienne près du village de La Higuera, ne laissant que 5 survivants. Guevara est exécuté sommairement par l'armée bolivienne entraînée et guidée par la CIA le 9 octobre 1967.

CheHigh
Le Saviez-vous ?

Le 7 février 1959, le nouveau gouvernement proclame Che Guevara « citoyen cubain de naissance » en reconnaissance de son rôle dans le triomphe des forces révolutionnaires. Fidel Castro va même modifier la constitution du pays pour permettre à un étranger s'étant particulièrement illustré durant la guérilla et ayant reçu le grade de Commandant de pouvoir être membre du gouvernement.

 

 

Pour en savoir plus les bibliothèques vous recommande (à emprunter dans votre bibliothèque ou à faire venir par la navette) :

Ouvrages d'Ernesto "Che" Guevara :

Ouvrages sur Ernesto "Che" Guevara :

DVD  :

En ligne :

 

Crédits Images
- Ernesto by AK Rockefeller (sous licence CC BY-SA 2.0)
- Ernesto Che Guevara / Alberto Korda. Domaine public

Femmes de sciences : Sophie Germain

Marie-Sophie Germain - Domaine public

Il y a 240 ans, le 1er avril 1776, naquit Marie-Sophie Germain dans une famille bourgeoise de Paris. Elle se prend de passion pour les mathématiques à l'âge de 13 ans, après avoir lu un chapitre d'ouvrage sur Archimède. Elle fut particulièrement touchée par la légende de sa mort aux mains d'un soldat romain alors qu'il traçait des figures géométriques sur le sol. Autodidacte, elle se forma en mathématiques, malgré l'opposition de sa famille qui fit son possible pour l'en empêcher. Devant la détermination de Sophie, son père plia et la laissa étudier un domaine considéré comme exclusivement masculin.

Elle apprend qu'un étudiant de l'Ecole Polytechnique ne va plus en cours et demande, par correspondance et en utilisant le nom de cet étudiant, à recevoir les polycopiés distribués à l'Ecole Polytechnique, interdite aux femmes. Sophie correspondit avec certains des professeurs, dont Joseph-Louis Lagrange, sous le nom de cet étudiant absentéiste. Lagrange finit par découvrir la supercherie, mais lui conserva son amitié.

Sophie s'intéressa particulièrement au dernier théorème de Fermat. C'est en travaillant dessus qu'elle démontra ce qui fut ensuite désigné comme le théorème de Sophie Germain. Elle prit contact, toujours son nom d'emprunt masculin, avec le "prince des mathématiciens" Carl Friedrich Gauss. Lorsque l'armée napoléonienne reçut l'ordre d'envahir la Prusse, Sophie demanda au général Pernety de s'assurer qu'il n'arriverait rien à Gauss, craignant qu'il ne subisse le même sort qu'Archimède. C'est ainsi que Gauss apprit l'identité réelle de son correspondant français.

En 1811, elle présenta pour la première fois sous son vrai nom une réponse au concours de l'Institut de France sur la formulation mathématiques et l'élasticité des corps. C'est à sa troisième soumission, en 1816, que le jury considéra son travail comme satisfaisant et lui attribua comme prix une médaille en or. Médaille qu'elle n'ira pas chercher, estimant que le jury n'avait pas jugé son travail à sa juste valeur du fait qu'elle était une femme. Grâce au soutien de Joseph Fourier, elle sera la première femme autorisée à assister aux séances de l'Institut de par ses propres mérites : les autres étaient acceptées en tant qu'épouses de membres.

Elle mourra d'un cancer du sein en 1831, avant de pouvoir recevoir un doctorat honorifique de l'université de Göttingen, sur la suggestion de Gauss.

Pour en savoir un peu plus sur Sophie Germain (en ligne) :

Ses écrits (en ligne) :

Sur son oeuvre (en ligne) :

image : Marie-Sophie Germain (domaine public)