Les vies de Malcolm X

Commencer sa vie dans l'extrême pauvreté, la drogue et la délinquance, la finir brutalement, haï d'une partie des siens et révéré de l'autre, icône internationaliste de la lutte pour les droits civiques. Il a fallu plus d'une vie à Malcolm X au cours de son existence pour atteindre le statut qui fût le sien lors de son assassinat en 1965.

Militants garveyiste de la première heure, ses parents furent son premier contact avec la cause internationale des noirs durant les années 30. Sa jeunesse sera jalonnée de drames avec la mort mystérieuse de son père alors qu'il n'a que 6 ans et l'internement de sa mère en asile psychiatrique 8 ans plus tard. Il est alors recueilli par un couple blanc et suit une scolarité blanche. C'est la première réinvention de Malcolm décrit dans l'extraordinaire biographie de Manning Marable, "Malcolm X, une vie de réinventions" (disponible à la BU Droit-Lettres-Océan Indien à la cote 327.73 MAR).

Avec une précision chirurgicale, Marable et son équipe retrace semaine après semaine le cheminement de Malcolm des rues de Boston, Chicago, Detroit ou Harlem. De Malcolm Little à "Detroit Red" le petit dealer jusqu'à Malcolm X, leader charismatique et envié de la Nation of Islam (secte hétérodoxe qui prône le séparatisme et le nationalisme noir), prêcheur exceptionnel, travailleur infatigable et visionnaire sur la place des noirs dans la société américaine des années 50-60.

A partir d'archives variées dont les dossiers de surveillance du FBI, Marable n'épargne aucune zone d'ombre de la vie de Malcolm X (sa misogynie, son antisémitisme, son mariage malheureux, ses échecs politiques,...) pour en faire une étude à hauteur d'homme qui ne se laisse pas éblouir par la force du mythe. Marable propose un éclairage nouveau sur la vie d'une figure marquante de la lutte pour les droits civiques, précurseur du Black Power.

C'est aussi de la place des noirs et des droits civiques dont il est question dans l'éblouissant documentaire, "I am not your negro" de Raoul Peck sur l'écrivain James Baldwin, ami proche de Martin Luther King et Malcom X.

Idées de lecture : Albert Londres, une valise à la main

"Une valise, on dirait que c’est la liberté qu’on a dans la main". (Adieu Cayenne)

"La seule ligne que je connaisse, c'est celle de chemin de fer"

Voyageur infatigable, Albert Londres n'a eu de cesse de sillonner les continents et d'observer le monde comme il va. Il soumettait ensuite ses chroniques à la presse, au Petit Journal, à l'illustré l'Excelsior, ou au Petit Parisien. Un vaste monde en mouvement :

Albert Londres chez l'éditeur Le Serpent à Plumes

La France n'est pas en reste, explorée dans ses marges, dans les asiles (Chez les fous, 1925) ou près des prisonniers de Cayenne (Au bagne, 1923, ou encore le roman L'homme qui s'évada, adapté en BD par Laurent Maffre).

BD, dispo en BU Sciences

"Le médecin voit l'homme, l'administration voit le condamné. Pris entre ces deux visions, le condamné voit la mort" (Au bagne)

"Le café qui vient de Moka pousse au Brésil. On l’embarque sur l’Atlantique Sud. L’Atlantique Nord le berce un moment. Il passe par Gibraltar et, doucement, il s’amène sur la Méditerranée. Marseille ! On le débarque. On va le boire ? Pas si vite. Rentrez vos tasses dans le buffet. On le rembarque" (Marseille, porte du Sud)

 

A travers ses reportages, une constante domine : derrière l'humour, qui rend sa lecture si savoureuse, Albert Londres cherche le frère, le commun, ce qui fait que l'étrangeté de l'Autre nous ressemble toujours finalement. En négatif, il peint les visages de l'exploitation : les forçats des routes africaines comme ceux de la pédale du Tour de France (Tour de France, tour de souffrance, 1924).

Car nous sommes dans les années 20 et 30 et de grands bouleversements sont à l'oeuvre : le journaliste-reporter de l'Excelsior et du Petit Parisien conte l'essor du commerce international (Marseille, porte du Sud, 1927), de l'antisémitisme (Le juif errant est arrivé, 1930) et de la contestation du colonialisme (Terre d'ébène, 1929).

Livres empruntables disponibles en BU Droit-Lettres

Un goût pour l'absurde, un ton alerte, des phrases chocs et souvent elliptiques, font d'Albert Londres une plume au style unique qui emporte l'adhésion et permet d'entrer facilement, par jeu, dans ses reportages exigeants. Avec toujours cette impression d'en sortir plus intelligent -- du moins, mieux informé et bien diverti !

On comprend pourquoi le Prix Albert Londres, qui récompense les travaux journalistiques des grands reporters, porte son nom.

source : @DR France 3 Nouvelle Aquitaine

Ouvrages à retrouver principalement à la BU Droit-Lettres, ou à faire venir dans votre BU pour les emprunter. Vous préférez une version numérique ? Ces deux bibliothèques numériques proposent différentes anciennes éditions directement consultables en ligne :

Pour retrouver plus de citations d'Albert Londres, on peut naviguer chez Babelio.

23/08 : journée internationale de la traite négrière

By Urban (Own work) [Public domain], via Wikimedia Commons

Entraves esclave By Urban [Public Domain]

Journée sombre que ce 23 août : c'est la journée internationale de la traite négrière.

L'iconothèque historique de l'Océan Indien (IHOI) rassemble dans une exposition virtuelle des portraits d'esclaves.
L'exposition en ligne s'intitule : Esclaves libérés aux Seychelles. 1861-1872

Vos Bibliothèques Universitaires de La Réunion vous proposent de nombreux documents sur ce thème : livres, articles de revues (sur papier ou en ligne) et BD.

   

Source des images : la Bédéthèque.com. Atar Gull est disponible à la BU Sciences, rayon BD (cote BD NUR). Les esclaves oubliés de Tromelin est disponible à la BU Droit-Lettres, espace Océan Indien, rayon BD, ainsi qu'à la BU Sciences, rayon BD.

Le porteur à l'époque coloniale : expo en BU Droit-Lettres

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"Nos fauteuils nous rappellent ceux de Cilaos. Les porteurs sont les mêmes partout. Pourtant ici on chante moins que là-bas. On semble être plus grave, plus sérieux, et au fond on n'est que plus commerçant. Un porteur vigoureux peut, trois fois en un jour, recommencer le trajet, et, comme le temps, c'est l'argent, pour les disciples de Franklin, tout comme pour les travailleurs de tous les pays, le porteur de Salazie n'entend pas moisir en route."

Le Voyage à la Réunion de Charles-Henri Leal (en ligne sur le Corpus des littératures francophones de l'océan Indien)

 
Du 26 avril au 27 mai 2016, la BU Droit-Lettres présente l'exposition de photos :
                       "Le porteur à l'époque coloniale"

Certaines photos proviennent du fonds Michel Polényk et d'autres de l'Iconothèque historique de l'Océan Indien.

Michel Polényk : En parallèle à ses nombreuses années d'enseignant-chercheur à l'université de La Réunion, Michel Polényk a réuni une très riche collection de documents portant sur l'histoire allemande et principalement sur l'empire colonial allemand en Afrique. A sa mort, sa veuve a fait don à la bibliothèque universitaire de plusieurs centaines d'ouvrages dont certains ont déjà rejoint la réserve d'ouvrages précieux de l'Océan Indien.

Ces quelques photographies extraites des livres collectés par Michel Polényk vous laisseront apprécier toute la richesse qui reste encore à découvrir dans ce fonds, basé en BU Droit Lettres et encore en cours de traitement.
L'IHOI (Iconothèque historique de l'océan Indien) est un chantier numérique des Archives départementales de La Réunion qui veut préserver la mémoire et le patrimoine iconographique de l'océan Indien en numérisant les photos conservées dans des institutions ou dans des collections privées et ainsi les rendre accessibles à un large public via le site Web de l'IHOI : http://www.ihoi.org
Pour voir l'expo, c'est ici :
Campus du Moufia
15 avenue René Cassin
97400 Saint-Denis
du lundi au vendredi de 8h à 19h / le samedi de 8h à 12h
Renseignements : 0262 93 83 83
Billet co-écrit avec Pauline Grébert (BU Droit-Lettres)