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A propos Nicolas Alarcon

Responsable du secteur Lettres, Sciences humaines et Océan indien à la BU Droit-Lettres, il est également chargé de mission Indicateurs et enquêtes aux publics et gère le projet Open Access et Archive ouverte à l'Université.

Les vies de Malcolm X

Commencer sa vie dans l'extrême pauvreté, la drogue et la délinquance, la finir brutalement, haï d'une partie des siens et révéré de l'autre, icône internationaliste de la lutte pour les droits civiques. Il a fallu plus d'une vie à Malcolm X au cours de son existence pour atteindre le statut qui fût le sien lors de son assassinat en 1965.

Militants garveyiste de la première heure, ses parents furent son premier contact avec la cause internationale des noirs durant les années 30. Sa jeunesse sera jalonnée de drames avec la mort mystérieuse de son père alors qu'il n'a que 6 ans et l'internement de sa mère en asile psychiatrique 8 ans plus tard. Il est alors recueilli par un couple blanc et suit une scolarité blanche. C'est la première réinvention de Malcolm décrit dans l'extraordinaire biographie de Manning Marable, "Malcolm X, une vie de réinventions" (disponible à la BU Droit-Lettres-Océan Indien à la cote 327.73 MAR).

Avec une précision chirurgicale, Marable et son équipe retrace semaine après semaine le cheminement de Malcolm des rues de Boston, Chicago, Detroit ou Harlem. De Malcolm Little à "Detroit Red" le petit dealer jusqu'à Malcolm X, leader charismatique et envié de la Nation of Islam (secte hétérodoxe qui prône le séparatisme et le nationalisme noir), prêcheur exceptionnel, travailleur infatigable et visionnaire sur la place des noirs dans la société américaine des années 50-60.

A partir d'archives variées dont les dossiers de surveillance du FBI, Marable n'épargne aucune zone d'ombre de la vie de Malcolm X (sa misogynie, son antisémitisme, son mariage malheureux, ses échecs politiques,...) pour en faire une étude à hauteur d'homme qui ne se laisse pas éblouir par la force du mythe. Marable propose un éclairage nouveau sur la vie d'une figure marquante de la lutte pour les droits civiques, précurseur du Black Power.

C'est aussi de la place des noirs et des droits civiques dont il est question dans l'éblouissant documentaire, "I am not your negro" de Raoul Peck sur l'écrivain James Baldwin, ami proche de Martin Luther King et Malcom X.

Open access en France : enfin une loi

Étape fondamentale pour la reconnaissance de l'Open access au sein de la recherche française, la loi pour une République numérique, dont nous vous parlions dans un précédent billet, a été définitivement adoptée par le Parlement le 28 septembre dernier. Elle est parue au Journal Officiel le 8 octobre 2016.

Ce que dit la loi

L'article 30 de la loi concerne les publications en Open access, il indique :

« Art. L. 533-4.-I.-Lorsqu'un écrit scientifique issu d'une activité de recherche financée au moins pour moitié par des dotations de l'Etat, des collectivités territoriales ou des établissements publics, par des subventions d'agences de financement nationales ou par des fonds de l'Union européenne est publié dans un périodique paraissant au moins une fois par an, son auteur dispose, même après avoir accordé des droits exclusifs à un éditeur, du droit de mettre à disposition gratuitement dans un format ouvert, par voie numérique, sous réserve de l'accord des éventuels coauteurs, la version finale de son manuscrit acceptée pour publication, dès lors que l'éditeur met lui-même celle-ci gratuitement à disposition par voie numérique ou, à défaut, à l'expiration d'un délai courant à compter de la date de la première publication. Ce délai est au maximum de six mois pour une publication dans le domaine des sciences, de la technique et de la médecine et de douze mois dans celui des sciences humaines et sociales.
« La version mise à disposition en application du premier alinéa ne peut faire l'objet d'une exploitation dans le cadre d'une activité d'édition à caractère commercial.

Vous êtes donc concernés par la loi si :

  • vos recherches sont financées au moins pour moitié par des fonds publics
  • vous avez signé un contrat avec un éditeur (en l'absence de contrat cédant vos droits exclusifs à un éditeur, vous êtes libre d'utiliser votre publication comme bon vous semble)
  • vous publiez dans une revue (les ouvrages, chapitres d'ouvrages, actes de conférences n'entrent pas dans ce dispositif législatif)

Que vous permet la loi ?

La loi vous autorise à déposer sur HAL-Réunion la dernière version auteur de votre publication sans demander l'accord de l'éditeur :

  • sans embargo si votre article est en accès gratuit sur le site de la revue,
  • ou en appliquant un embargo maximum de 6 mois pour les sciences, techniques et médecine et 12 mois pour les sciences humaines. Les durées d'embargo incluses dans les contrats ou recensées sur les sites comme Sherpa/Romeo ou Heloïse sont donc caduques pour les futures publications scientifiques.

La loi s'applique à toute publication dans une revue publiée à partir d'octobre 2016. La loi n'étant pas rétroactive, l'ancien dispositif (accord de l'éditeur, durée d'embargo) s'applique encore pour les articles publiés avant octobre 2016.

Pour résumer

Pas de contrat = pas de contrainte (vous pouvez déposer sans crainte)

Vos articles publiés après octobre 2016 sont protégés par la loi.

Pour les autres supports et les publications sorties avant octobre 2016, contactez-nous, nous vous orienterons vers la meilleure solution.

Une vidéo pour finir

L'émission DATA Gueule a consacré un numéro récent à la crise de l'édition scientifique et l'Open access. Très instructif !

L'Open access dans le mille

illustration

Darts | Julien Mangez | CC by-nc-sa

Du 24 au 30 octobre se déroulera la semaine internationale de l'Open access, l'occasion de promouvoir le libre accès aux publications scientifiques dans les universités du monde entier.

L'open access est le fait de mettre à disposition immédiatement, gratuitement et en ligne les résultats de la recherche scientifique financés sur fonds publics. Ce mouvement, initié par les chercheurs eux-mêmes, a plus de 20 ans aujourd'hui et ne cesse de se développer dans le monde académique grâce aux initiatives individuelles (The cost of Knowledge du médaillé Fields Tim Gower) ou aux lois nationales en faveur de la libre circulation des écrits scientifiques (Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Argentine et plus récemment France).

L'objectif est toujours le même : rendre accessible les résultats de la recherche en les exposant dans des bases de données publiques (appelées Archive ouverte). Et ainsi lever la barrière économique, les revues scientifiques étant généralement très couteuses.

HAL-Réunion est l'archive ouverte de l'Université de La Réunion, elle contient plus de 5500 références et s'approche rapidement des 1000 publications en texte intégral.

De nombreux ateliers auront lieu au sein même des laboratoires de l'Université pour échanger sur la crise de l'édition scientifique et les pistes alternatives, accompagner les chercheurs lors du dépôt de leur publication et ainsi franchir ensemble la barrière symbolique des 1000 publications en texte intégral sur HAL-Réunion

Venez nombreux !

Calendrier des ateliers :

  • lundi 24 octobre
    • 10h-12h : LACy
    • 13h-15h : LGSR
  • mardi 25 octobre
    • 16h30-17h30 : LCF
    • 17h30-18h30 : DIRE
  • jeudi 27 octobre
    • 10h-12h : IRISSE (Campus du Tampon)
  • vendredi 28 octobre
    • 11h-13h : OIES
  • vendredi 4 novembre
    • 15h-16h30 : ICARE (ESPE)

 

 

6 astuces pour truquer votre H-index

Le H-index est un indicateur bibliométrique en vogue depuis sa création en 2005 par le chercheur en physique Jorge E. Hirsch (Université de Californie à San Diego). L'avantage de cette mesure synthétique et facilement compréhensible est qu'elle résume à la fois la productivité et l'impact des publications d'un chercheur.

Définition : Le H-Index d'un chercheur est le plus grand nombre H de publications tel que chaque article a reçu au moins H citations

Calculer votre H-Index est relativement simple. Classez d'abord tous vos articles scientifiques par ordre décroissant de citations. Attribuez un rang à chaque item. Comparez maintenant le rang des articles et le nombre de citations. Quand le rang de l'article est supérieur au nombre de citations, alors le rang précédent équivaut à votre H-Index :

h-index

Dans l'exemple ci-dessus, le H-Index est de 6. Le rang dépasse le nombre de citations à l'article E (7>3). Le rang précédent est donc le H-Index.

Voici maintenant quelques astuces pour faire progresser votre h-index sans trop vous fatiguer :

  1. Ni trop productif, ni trop d'impact : que vous disposiez de 3 publications citées 1000 fois ou de 1000 publications citées 3 fois, le résultat est le même, votre H-Index sera de 3. Préférez un juste milieu, une publication régulière de papiers modérément influents.
  2. Choisissez la base de données la plus avantageuse : le H-Index est calculé par les principales bases de données bibliographiques : Web of Science, Scopus, Google Scholar. Comme ces bases n'indexent pas les mêmes revues, faites le comparatif pour déterminer laquelle vous est la plus favorable.
  3. Oubliez livres, chapitres et brevets, ne publiez plus que des articles et des conférences : livres, chapitres et brevets sont généralement mal comptabilisés par les bases de données. Optez plutôt pour les types de publication les mieux reconnues dans les bases !
  4. Devenez un passager clandestin de la publication scientifique : le H-Index ne prend en compte ni le nombre de co-auteurs de la publication, ni leur position relative dans la publication. Que vous ayez rédigé seul un livre primé de 700 pages ou que vous soyez 28e co-auteur sur 41, le H-Index sera calculé de la même manière, dés lors pourquoi se compliquer la vie ? Privilégiez le ventre mou du peloton des co-auteurs, il vous garantira une progression régulière sans vous épuiser.
  5. Laissez faire le temps (et arrêtez de publier) : la jeunesse est l'ennemi du H-Index ! Le jeune chercheur combine faible nombre de publications et faible nombre de citations, une véritable tare lorsqu'il s'agit de comparer son H-Index au sein des équipes de recherche. L'astuce consiste à être déjà un chercheur expérimenté avec une production scientifique conséquente. Vous pourrez même vous arrêter de publier bien avant l'âge de la retraite, les citations faisant le travail pour vous, votre H-Index progressera sans que vous vous en souciez. N'oubliez pas, votre H-Index ne pourra jamais diminuer !
  6. Publiez un article négatif de référence internationale : L'astuce ultime pour vous assurer d'un H-Index d'excellence réside dans la publication d'un (et de préférence plusieurs) articles négatifs dans votre champ de recherche. Des articles tellement négatifs qu'ils seront pris en contre-exemple et donc cités en masse par les chercheurs du monde entier. Votre carrière scientifique risque d'être compromise sur le long terme mais vous verrez votre H-Index décoller en flèche vers les sommets de la gloire bibliométrique !

Loin de nous l'idée de vous inciter à manipuler vos indicateurs bibliométriques. Ces quelques astuces ont uniquement pour vocation à vous alerter sur les mécanismes parfois douteux de leur production pour ainsi les utiliser en toute connaissance de cause.

Kabarliv La Kréolité : 2ème Salon du livre des mondes créoles

Deux ans après la première édition, le Salon du livre des mondes créoles s'installe de nouveau dans la ville du Port du 13 au 16 avril 2016. L'équipe de bénévoles propose un programme riche entre lectures de textes par les auteurs eux-mêmes, conférences, contes pour petits et grands, séances de ciné et kabar en tout genre.

Les éditeurs réunionnais seront encore massivement présents au Salon, démontrant la vitalité et la diversité du secteur : Orphie, Océans Éditions, la revue Kanyar, les éditions K'A, Dodo vole ou Le Corridor bleu pour n'en citer que quelques uns.

Les Bibliothèques universitaires de La Réunion ont à cœur d'illustrer et soutenir cette diversité au sein de leurs collections. La production éditoriale locale est systématiquement achetée, vous trouverez ces ouvrages dans l'un de nos espaces : Océan indien, BU Bellepierre ou BU du Tampon pour la littérature jeunesse.

Pour vous faire une idée de la situation de la littérature dans l'Océan indien en général et à La Réunion en particulier, vous pouvez consulter avec profit les références suivantes :

Vous trouverez toutes les informations pratiques pour vous rendre au Salon du livre des mondes créoles sur le site web Kabarliv La Kréolité : http://www.kabarlivlakreolite.re/

HAL-Réunion et Open access : une actualité dense

23987077863_b164de407d_zL'actualité est dense sur le projet d'archive ouverte de l'Université aussi bien au niveau local que national.

La production scientifique de l'Université de La Réunion de la période 2008-2014 est désormais signalée sur HAL-Réunion. Vous retrouverez sur l'archive toutes les références des articles, chapitres de livre ou actes de colloques signés par nos chercheurs. Près de 5100 publications sont ainsi recensées démontrant le dynamisme et la diversité de la recherche scientifique réunionnaise.

Preuve de l'engagement de l'Université dans le mouvement de l'open access, à partir de 2016, les publications déposées dans HAL-Réunion seront prises en compte dans la répartition des crédits Recherche. Autre geste fort, l'évolution des dépôts sur la plateforme constituera l'un des jalons du prochain contrat d’établissement.

Pour faciliter la mise en place de la politique Open access de notre Université, chaque laboratoire dispose d'un référent HAL, relais entre le chef de projet et les chercheurs mais aussi premier conseil auprès de ses collègues.

De courts tutoriels vidéo (Créer un compte, Déposer une publi, Quelle version déposer ?) sont disponibles sur le site web du Pôle Recherche pour vous lancer dans le dépôt d'article sur HAL-Réunion. Si vous rencontrez le moindre problème sur HAL-Réunion ou si vous avez simplement une question, une adresse mail unique est à votre disposition :

L'actualité de l'Open access au niveau national n'est pas moins riche et pourrait être la plus décisive.

Le Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES, organisme remplaçant l'AERES) envisage la possibilité de prendre en compte les dépôts d’article en archive ouverte lors des campagnes d'évaluation des laboratoires (annonce faite lors de la Réunion annuelle des directeurs de BU et du secteur de l’IST en novembre 2015).

Enfin, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture l'article 17 du projet de loi numérique sur le libre accès aux résultats de la recherche scientifique (les discussions parlementaires sur cet article sont disponibles en ligne). Cet article résout le problème épineux du dépôt en archive ouverte : la cession d'une partie des droits des auteurs à l'éditeur qui publie les travaux. Suite à la signature du contrat entre éditeur et auteur, ce dernier perd le plus souvent la possibilité d'utiliser sa publication comme il l'entend. L'article 17 rectifie ce déséquilibre en proposant aux auteurs de disposer de leur article après une période d'embargo de 6 mois pour les sciences dures et 12 mois pour les sciences humaines et sociales.

Art. L. 533-4. –
I. – Lorsqu’un écrit scientifique, issu d’une activité de recherche financée au moins pour moitié par des dotations de l’État, des collectivités territoriales ou des établissements publics, par des subventions d’agences de financement nationales ou par des fonds de l’Union européenne, est publié dans un périodique paraissant au moins une fois par an, dans des actes de congrès ou de colloques ou dans des recueils de mélanges, son auteur dispose, même après avoir accordé des droits exclusifs à un éditeur, du droit de mettre à disposition gratuitement dans un format ouvert, par voie numérique, sous réserve de l’accord des éventuels coauteurs, toutes les versions successives du manuscrit jusqu’à la version finale acceptée pour publication, dès lors que l’éditeur met lui-même celle-ci gratuitement à disposition par voie numérique et, à défaut, à l’expiration d’un délai courant à compter de la date de la première publication. Ce délai est de six mois pour une publication dans le domaine des sciences, de la technique et de la
médecine et de douze mois dans celui des sciences humaines et sociales. Un délai inférieur peut être prévu par un arrêté du ministre chargé de la recherche pour certaines disciplines ou familles de disciplines.

Les termes barrés sont les dispositions retoquées suite à un amendement de députés. Avant son passage au Sénat, l'article 17 ne concerne donc plus les actes de colloques ou les recueils de mélanges (chapitre de livre). Il faudra attendre la fin de la navette parlementaire voire les décrets d'application pour connaître les contours définitifs de cette loi.

Crédit photo : SDASM Archives - Atlas Negative Collection Image

A La Réunion, l'Open Access est en marche

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L'Université de La Réunion s'est dotée en novembre dernier d'une politique ambitieuse en matière de libre accès aux résultats de la recherche scientifique, ou Open Access.
Cette politique se compose de deux axes.

D'une part, toute la production scientifique de l'Université du dernier contrat quinquennal (2008-2014) sera signalée sur l'archive ouverte officielle de l'établissement : HAL-Réunion. Les services de la Recherche et la bibliothèque universitaire travaillent conjointement pour verser les références des articles, ouvrages, chapitres d'ouvrage, communication avec ou sans acte, etc.

Débutée il y a 2 ans avec quelques laboratoires-pilotes, cette première phase entre dans sa période finale et devrait être achevée avant la fin de l'année. En 2015, 1483 signalements de publications ont été effectués, dont plus de 600 sur les mois d'août et septembre. Au 27 septembre, HAL-Réunion contient déjà plus de 3000 références de publications.

HAL-Réunion

Évolution des références dans HAL-Réunion

Dans la seconde phase, les publications des chercheurs de l'Université seront archivées en texte intégral sur HAL-Réunion. La BU propose déjà formations et tutoriels vidéo permettant de faciliter la tâche des chercheurs et de les accompagner dans cette activité qui leur permettra d'améliorer la visibilité internationale de leur travaux.HALReunion-tutoriel

Retrouvez ici tous nos billets sur l'Open Access et l'ouverture de la science ("open science")

Nature rend accessibles tous ses articles... faut-il vraiment s'en réjouir ?

Nature-journalLe groupe MacMillan qui édite Nature, la plus prestigieuse revue scientifique ainsi que 48 autres titres de très haut niveau, a annoncé le 2 décembre que tous les articles scientifiques de ses revues devenaient "accessibles à la lecture" (free-to-read), puis devant la confusion suscitée par les termes, ils ont renommés leur opération "Partage en lecture seule" (Read-only sharing).

Formidable nouvelle au moment où le mouvement du libre accès à l'information scientifique prend de l'ampleur. Mais en regardant d'un peu plus près, on remarque que les conditions d'accès à ces articles sont drastiquement contrôlées, le "partage" promis par Nature a un véritable coût en terme d'usage !

La lecture des articles devra se faire via un outil propriétaire qui empêchera le lecteur de télécharger, imprimer ou copier/coller le contenu de la publication. Ces verrous électroniques (ou DRM pour Digital Rights Management) rendent également impossible la lecture par les utilisateurs déficients visuels, par les machines (text-mining) ou sur support mobile.

Mais le contrôle ne se limite pas à la lecture, il concerne aussi la diffusion des articles "libérés". Seuls quelques journalistes et blogueurs triés sur le volet ainsi que les institutions abonnées aux revues Nature pourront générer et diffuser un lien VIP menant à ces articles.

Or, comme avec les autres revues scientifiques, les auteurs et lecteurs de Nature se partagent déjà les pdf des publications, plus ou moins directement, plus ou moins discrètement. Nature tente de reprendre le contrôle sur le partage de l'information scientifique en imposant son logiciel bourré de DRM et ainsi savoir qui partage, qui lit, quand, où, quoi, en combien de temps, etc.
Preuve de l'inefficacité des dispositifs de verrouillage du partage, des tentatives de contournement émergent déjà.

Comme le déplore Peter Murray-Rust (chimiste à l'Université de Cambridge) sur son blog, nous sommes peut-être en train d'assister à l'Apple-isation de la communication scientifique dans le sens où tous les maillons de la chaîne éditoriale risquent d'être contrôlés par le propriétaire de la plateforme de diffusion. Même la liberté de la lecture.

 

 

Semaine du libre accès #4 // + ergonomique, + puissant, + complet : HAL v3

bandeau HALLa Semaine internationale du Libre accès (20-26 octobre) est le moment idéal pour faire le point sur HAL (Hyper Article en ligne), plus importante archive ouverte française et archive choisie par l'Université de La Réunion pour le signalement de la production scientifique locale.

La version 3 de HAL est sortie le 14 octobre proposant son lot d'améliorations à la fois sur l'interface publique et en coulisse. Tour de piste des nouveautés les plus marquantes :

  • Récupération des données améliorée : afin de passer moins de temps à renseigner les métadonnées des articles déposés. HAL va automatiquement les récupérer du document lui-même ou des identifiants de l'article (DOI ou PMID)
  • Identifiant unique et pérenne du chercheur : IDHAL permettra de lier toutes les publications d'un auteur quel que soit sa forme (Alex Dupont, Alex M. Dupont, A. Dupont, etc.) sous un même identifiant à partir duquel pourront être liés d'autres d'identifiants : ORCID, ResearcherID, IDref, Twitter, blog...
  • Espace CV pour les chercheurs : grâce à IDHAL, il sera désormais très facile de créer une page CV regroupant informations biographiques et liste des publications
  • Recherche dans le texte intégral : grâce au moteur de recherche SolR, la recherche portera désormais sur le texte intégral des articles déposés
  • Métriques plus complètes : en plus des statistiques habituelles de consultation et de téléchargement, HAL propose les Altmetrics (données statistiques à partir des réseaux sociaux) pour les articles disposant d'un identifiant type DOI ou PMID

Les collections HAL des laboratoires de l'Université seront adaptées progressivement au nouvel environnement de la version 3, avant des changements plus profonds et ambitieux pour l'année prochaine.

Patrick Modiano, prix nobel de littérature 2014

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Patrick Modiano - Prix Nobel de Littérature 2014

Après J.M.G Le Clézio en 2008, un nouveau français a reçu la plus haute distinction internationale en matière de littérature. L'Académie suédoise a consacré Patrick Modiano "pour cet art de la mémoire avec lequel il a fait surgir les destins les plus insaisissables et découvrir le monde vécu sous l’Occupation" selon le communiqué de presse, le secrétaire perpétuel de l'Académie le comparant même à un "Marcel Proust de notre temps".

De son premier roman Place de l'étoile à son dernier publié en 2014 , Patrick Modiano est l'auteur d'une trentaine d’œuvres, largement récompensées : Les boulevards de ceinture, Grand prix du roman de l'Académie française en 1972 ou Rue des petites boutiques obscures, Prix Goncourt en 1978.

Vous trouverez ses romans dans nos bibliothèques (Dora Bruder , Villa triste , Du plus loin de l'oubliDimanche d'août, Voyage de noces,  La ronde de nuit ou Livret de famille) ainsi que plusieurs ouvrages critiques sur son œuvre (L'oeuvre de Patrick Modiano: une autofiction,  Patrick Modiano : Collection de L'Herne) et des thèses soutenues à l'Université.

Les 3 fonctionnalités cachées de Google Scholar (qui pourraient vous intéresser)

Troisième volet de la série Ma BU dans Google ScholarVous savez désormais accéder aux ressources souscrites par l'Université depuis Google Scholar et vous créer des alertes. Certaines fonctionnalités vous feront également gagner du temps.

1. Citer facilement un article trouvé dans Google Scholar

Sous chaque référence, plusieurs liens sont à votre disposition.

Lien Citer dans Google Scholar Le lien Citer vous permet d'afficher la référence bibliographique aux formats APA, ISO 690 et MLA. Il ne vous reste plus qu'à copier-coller la référence.

Types de citation dans google ScholarNous vous conseillons néanmoins de paramétrer Google Scholar pour qu'il affiche le lien "Importer dans [un logiciel de gestion de références bibliographiques]"
Pour cela, cliquez sur Paramètres et cochez "Afficher les liens permettant des citations dans " en choisissant votre logiciel préféré (BibTex, EndNote, Reference Managers ou RefWorks). L'import dans Zotero est toujours possible depuis l'icône de la barre URL.

Choisir l'affichage de l'importationUn lien vous permettra d'importer les citations directement depuis la page des résultats.

GScholar102. Enregistrer les références dans votre bibliothèque (gérer vos articles favoris)

Cette fonctionnalité, très récente, est disponible depuis la page des résultats. Elle vous permet d'enregistrer les références dans un espace personnel appelé "Bibliothèque". Enregistrer la référenceCliquez sur Ma bibliothèque pour afficher et organiser vos références.

Accéder aux références de votre bibliothèque Vous pouvez créer des dossiers, appelés ici Libellés en cliquant sur Gérer les libellés.

3. Citations et indicateurs bibliométriques

Google Scholar vous permet de créer un profil d'auteur lié à votre bibliothèque de références. Ce profil public ou privé affichera vos propres articles et leurs indicateurs bibliométriques (h-index, indice i-10, nombre de citations). Vous pourrez aussi suivre les citations de vos articles ou celles d'autres auteurs.

Profil Google Scholar de Richard Feynman

Et pour commencer avec Google Scholar :
Ma BU dans Google Scholar
Ma BU dans Google Scholar (2) Etre alerté par email des nouveaux articles

Pour créer votre profil, il est nécessaire de créer ou utiliser un compte Google puis de suivre les étapes précisées dans cette aide.

Réforme des rythmes scolaires : quelques pistes bibliographiques

3837365052_96235bcc40Depuis les premières annonces du ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, la question de la réforme des rythmes scolaires n'a cessé d'être largement commentée.

Afin d'éclairer un débat où mauvaise foi et positions partisanes l'emportent sur le fond du problème et pour vous faire une idée sur la question, nous vous proposons quelques pistes bibliographiques.

La réforme des rythmes scolaires à l'école primaire constitue la mesure phare de la Loi de programmation et d'orientation sur la refondation de l'école publiée le 9 juillet 2013 au Journal officiel.

Cette mesure vise à mieux respecter les spécificités chronobiologiques et chronopsychologiques des enfants pour améliorer l'apprentissage (voir Chronopsychologie et rythmes scolaires de F. Testu ou L'enfant et ses rythmes : pourquoi il faut changer l'école des professeurs Testu et Fontaine). Elle est depuis longtemps réclamée par bon nombre d'acteurs du monde éducatif et intègre toutes les préconisations et rapports officiels sur la question depuis plusieurs années.

La France vit un véritable paradoxe car elle cumule à la fois le plus faible nombre de jours d'enseignement avec le plus grand nombre d'heures d'enseignement annuelles. A ce sujet, lire par exemple Georges Fotinos, L'« aberration » des rythmes scolaires en France. Constat, analyse, propositions dans le n°55 d'Enfances & Psy de 2012, Louis Forgeard, « Rythmes scolaires : le temps de cerveau disponible des élèves » dans Enfances & Psy, n° 59, 2013 ou Anne Querrien, Rythmes scolaires : permanence et ouvertures d'une grille dans le n°46 de la revue Multitudes en 2011 (article accessible après identification). Tout le monde s'accorde sur l'importance d'un changement mais pas sur la méthode.

La presse quotidienne nationale et locale s'est largement fait l'écho des oppositions et des échecs de l'application de la réforme sur le terrain : vous pouvez retrouver tous ces articles sur la base d'articles de presse EUROPRESSE (en cliquant sur Accès direct à droite de la notice). Le blog Éduveille traite aussi de la question (Rythmes scolaires : le temps de (la) presse).

Enfin, les Cahiers pédagogiques (n°490), référence dans le domaine, ont proposé un dossier complet en juin 2011 : "Les temps d'apprendre" (disponible à la BU Droit-Lettres et à la BU du Tampon).

Crédit photo Back to School de Barron Fujimoto CC BY-NC-SA

"Ce qui me met en colère, c'est que plus personne n'est en colère !" Doris Lessing

Portrait Doris Lessing

Doris Lessing (22 octobre 1919 - 17 novembre 2013)

Doris Lessing s'est éteinte à l'âge de 94 ans ; elle, l'anglaise née dans un siècle où l'Iran  (son pays natal) s'appelait encore la Perse et où la Rhodésie (ex-Zimbabwe) qui l'a vu grandir était peuplé d'animaux sauvages.
Elle se résout à ne pas finir comme ses parents, piégés dans leur existence et retourne en Angleterre où elle n'aura de cesse d'échapper aux cages.

Cages politiques d'abord, communiste éphémère mais indignée perpétuelle (« Ce qui me met en colère, c'est que plus personne n'est en colère !»). En 2001, elle s'oppose publiquement au président Robert Mugabe et devient indésirable au Zimbabwe.

Cages littéraires ensuite, elle refuse les étiquettes, même celle d'écrivaine féministe et impressionne par la variété des styles et des genres qu'elle aborde : témoignage, roman, poèsie, théâtre, science-fiction.

Le Prix Nobel de littérature reçu en 2007 vient couronner une carrière riche en œuvres (plus d'une cinquantaine d'ouvrages) et en distinctions (dont le Prix Médicis du roman étranger pour le Carnet d'or (1976)). Dans ma peau et La marche dans l'ombre, ses ouvrages autobiographiques ainsi que de nombreuses œuvres sont disponibles à la BU Droit-Lettres : The Cleft (2007), A ripple from the storm (1958), Landlocked (1965), The Four-Gated City (1969), A proper marriage (1954), Le rêve le plus doux (2004), La madone noire (1988), etc.

Crédit photo : By Elke Wetzig (elya) (Own work) [GFDL, CC-BY-SA-3.0 () or CC-BY-SA-2.5-2.0-1.0], via Wikimedia Commons

Déposez vos publications dans HAL - Ateliers du 21 au 27 octobre

Logo Open AccessDu 21 au 27 octobre se déroulera la Semaine internationale du Libre-accès qui vise à promouvoir la diffusion immédiate et gratuite des résultats de la recherche scientifique financée sur fonds publics.

L'Université de La Réunion mène de front réflexions et actions sur ce mouvement désormais bien ancré dans la communauté scientifique : présentation au Conseil Scientifique du 28 mars 2013, rencontres avec les laboratoires de l'Université, création et alimentation des collections sur l'archive ouverte HAL, projet-pilote avec le laboratoire ECOMAR, etc.

Afin de poursuivre ces efforts, des ateliers "Déposez vos publications dans HAL" sont organisés du 21 au 27 octobre.
Le principe est simple : apportez vos publications, vos références bibliographiques liées à l'Université de La Réunion ou antérieures, nous vous aiderons à les déposer dans l'archive ouverte HAL en vous expliquant la procédure pas à pas.

Accessibles depuis une archive ouverte, vos publications ont beaucoup plus de chance d'être lues donc citées !

Horaires et lieux des ateliers :

  • mardi 22 octobre 2013 de 11h à 13h dans la Salle du conseil de l'UFR Lettres et Sciences humaines
  • mercredi 23 octobre 2013 de 11h à 13h dans la Salle du conseil de l'UFR Droit et Économie
  • jeudi 24 octobre 2013 de 11h à 13h dans la Salle du conseil de l'UFR Sciences et Technologies

Vous vous posez encore des questions sur le principe de l'Open access ? cette courte vidéo (en anglais sous-titré en français) devrait y répondre.

Jean-Patrick Manchette : Journal 1966-1974

poster_75338Jean-Patrick Manchette était beaucoup de choses : cinéphile boulimique, dialoguiste de film érotique, amateur de jazz, critique de cinéma, fan de sciences fictions, écrivain de polar par accident, traducteur par plaisir (de Donald Westlake, de Robert Littell mais aussi du Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons).

Dans son Journal : 1966-1974 (disponible à la BU Droit-Lettres à la cote 840"19" MANC 4 JO), on le découvre diariste méticuleux, commentateur des œuvres de Marx et de Hegel, chroniqueur de l'actualité mondiale (mai 68, tensions sociales en Italie, coup d'état chilien) et activiste désengagé.

Dans le style factuel propre à ses romans, il est beaucoup question d'argent, de travail jusqu'à l'épuisement, de réussite aussi. Avec un certain suspens, on le voit passer de l'accumulation de petits contrats pour faire vivre sa famille à une reconnaissance du "milieu" après son entrée dans la Série Noire ou l'adaptation cinématographique (souvent ratée selon lui) de ses romans.

L'intégralité de ses polars est compilée dans Romans noirs. Dans son numéro de juillet-août 2008, la revue Le Matricule des anges lui a consacré un excellent dossier "Manchette, le dernier des indépendants".

Lisez la Palme d'Or : "Le bleu est une couleur chaude"

Couverture de Le Bleu est une couleur chaudeLe jury du 66e Festival de Cannes, présidé par Steven Spielberg a décerné la Palme d'Or au film d'Abdellatif Kechiche, La vie d'Adèle. Cette Palme d'Or est historique, c'est la première à s'inspirer d'un roman graphique : Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh.

Jeune artiste née dans le Nord et formée en Belgique, Julie Maroh réalise un coup de maître avec Le bleu. Sa première véritable œuvre graphique est plusieurs fois primée (dont un prix au Festival d’Angoulême 2011) avant d'être portée à l'écran par le réalisateur de L'Esquive et de La graine et le mulet.

Le bleu est l'histoire de Clémentine, jeune fille qui s'éprend d'Emma, une mystérieuse femme aux cheveux bleus. Clémentine va s'éveiller et se confronter à son homosexualité et à toutes ses conséquences. Le Bleu raconte avec une grande sensibilité et sans une once de mièvrerie une histoire d'amour, sa naissance, sa construction, ses doutes jusqu'à son deuil. Un roman graphique d'une grande force porté par un dessin émouvant et nuancé qui ne devrait pas vous laisser indifférent.

Le bleu est une couleur chaude est empruntable à la BU Sciences.

Mendeley racheté par Elsevier. Le moment de passer à Zotero !

zotero-logoLa rumeur circulait depuis plusieurs semaines, c'est désormais officiel. Elsevier a racheté Mendeley entre 69 à 100 millions de dollars.

L'un des plus importants éditeurs de revues scientifiques au monde a racheté l'outil de gestion et de partage de références bibliographiques le plus en vogue dans les milieux académiques. Dés l'annonce de la vente, beaucoup universitaires ont fait part de leurs inquiétudes sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, le hashtag #mendelete (contraction de "Mendeley" et "delete" effacer en anglais) expliquait comment supprimer son compte et proposait des alternatives crédibles.

Car le rachat de l'application par le géant Elsevier pose question. Non content d'être le poids lourd du paysage éditorial universitaire et d'accaparer une majeure partie du budget de documentation électronique des BU, Elsevier pourra bientôt connaître toutes les références collectées par les enseignants-chercheurs, quand, comment et avec qui les  articles sont partagés. Une quantité gigantesque de données personnelles qui leur servira pour la production de nouveaux services aux clients (universités, chercheurs, bibliothèques) ciblés et facilement monnayables.

Si vous utilisez Mendeley, ce rachat est peut-être l'occasion de vous interroger sur les conséquences d'un tel changement. Quelle valeur ont vos données personnelles ? Y a-t-il un problème à ce qu'elles soient librement utilisées par un éditeur scientifique privé ?

Mais, pas de fatalité, il existe une alternative rodée et sûre à Mendeley : Zotero. Application gratuite et open-source, elle répondra à l'essentiel de vos besoins en matière de gestion de références bibliographiques. La BU propose depuis plusieurs mois des formations rapides et pratiques à l'utilisation de cette application. Que vous souhaitiez tester ou passer définitivement à Zotero, que vous soyez enseignant-chercheur, étudiants ou juste intéressé, n'hésitez pas à contacter Alain Griot, responsable des formations (alain.griot (AT) univ-reunion.fr) afin d'organiser une séance.