Pourquoi publier ma thèse sur internet ?

writing thesis, de sam hames

Lorsque vous soutenez votre thèse, vous devez indiquer si vous êtes d'accord pour la diffusion internet de votre thèse. Le plus souvent, vous êtes intéressé(e) par la visibilité offerte par le web mais vous songez également au risque des copier-coller intempestifs (plagiat) et l'opportunité d'une édition commerciale (publier). Voici quelques recommandations du service Thèses des BU de l'Université de La Réunion.

Diffusion web = Une vraie visibilité

Avec la publication sur internet, votre thèse sera visible dans les grands moteurs de recherche spécialisés dans les publications scientifiques et les travaux universitaires :

  • France : Theses.fr, le portail national des thèses françaises
  • Europe : Dart-Europe, le portail européen des thèses
  • Monde : les annuaires spécialisés dans les thèses, mais aussi les grands moteurs de recherche spécialisés dans les publications scientifiques de tout ordre : Google Scholar, Web of Science, Scopus, Francis, Pascal, Pubmed, etc.

Exemple de recherche : pasolini fassbinder theatre. Google Scholar donne 218 résultats : le 1e résultat est une thèse électronique de l'Université de Montpellier : belle visibilité ! (2e résultat sur 288 000 dans Google.fr)

Visibilité = Une garantie contre le plagiat

Les universités se dotent depuis plusieurs années de mécanismes anti-plagiat chargés de repérer, automatiquement ou à la demande, les suspicions de plagiat concernant les travaux universitaires rendus. Publiée sur le web, votre thèse sera visible dans les grands moteurs de recherche, dont les moteurs spécialisés dans les publications scientifiques et universitaires comme Google Scholar (cf. liste plus haut). Cela signifie que les logiciels anti-plagiat repéreront facilement les tentatives de plagiat de votre travail, puisqu'ils s'appuient sur ces sites (notamment) pour repérer les copier-coller et autres mésusages. De plus, la mise en ligne de votre thèse numérique via votre BU apporte un horodatage qui permet de prouver votre antériorité en cas de litige. Ainsi, accessible à tous sur le web, votre thèse présente moins de risques d'être plagiée.

Et l'édition commerciale de ma thèse ? 

L'autorisation de diffusion sur internet que vous nous accordez n'est pas exclusive : vous conservez tous vos droits, en particulier celui de diffuser votre thèse par d'autres moyens (publics ou privés) que ceux que nous mettons à votre disposition. Si vous envisagez la publication de votre thèse avec un éditeur commercial, sachez donc que cela reste légalement compatible avec la diffusion internet en amont de votre thèse numérique telle que vous le propose l'Université. Avec l'Université, il s'agit de la version de votre thèse telle qu'elle a été soutenue à l'Université, et donc validée (après corrections si votre jury de thèse vous les a demandées). Votre thèse sera ainsi diffusée en "open access". Avec un éditeur commercial, votre thèse sera vraisemblablement remaniée. Autrement dit, publier numériquement sa thèse en open access n'est plus un obstacle à sa publication imprimée commerciale : pour preuve ces deux exemples à Limoges et à Lyon 3.

Dans tous les cas, vous restez libre de revenir à tout moment sur la diffusion internet de votre thèse. Il vous suffit d'avertir l'Université qui effectuera les démarches nécessaires pour suspendre cette publication dans les meilleurs délais.

En cas de projet sérieux de publication, le mieux est de prendre contact avec les éditeurs en amont, pour connaître leur politique en matière d'open access. Sur la question des droits d'auteur, ce document du CNRS est assez complet. Vous pouvez aussi prendre conseil avant de négocier vos droits avec un éditeur, contactez info-bu.

Cas particulier des démarchages par les maisons d'édition. Certaines maisons démarchent systématiquement les personnes ayant soutenu un mémoire (d'école, d'université), une thèse, un HDR, etc. pour leur proposer l'édition commerciale. Quelques points de vigilance. 1) Législation : par exemple les "Editions Universitaires Européennes" étant une maison d'édition privée, c'est la législation allemande qui s'applique en cas de litige. 2) Cession des droits : il est fortement déconseillé de signer un contrat indiquant une cession complète des droits exclusifs.  3) Responsabilité de l'auteur. Bien veiller à ne pas se retrouver dans la situation où l'auteur reste seul responsable en cas de litige : une édition commerciale impose un travail de négociation des droits annexes, élément par élément : les tableaux, graphiques, illustrations de votre thèse sont légaux tant qu'il s'agit d'un travail non commercial à des fins de recherche (on parle de droit de citation). Ils contreviennent au droit d'auteur et à la propriété intellectuelle dès qu'il s'agit d'une publication commerciale. 4) Services proposés par l'éditeur : travail de mise en page, relecture et corrections, assistance pour la négociation des droits annexes. 5) Toujours se renseigner sur l'éditeur qui vous démarche (via Google ou autre).

D'une façon générale, il est toujours recommandé de se méfier des propositions de publication commerciale "en l'état" (c'est à dire sans aucune retouche de votre thèse).

Contact : info-bu

Crédits photo : Writing Thesis, de Sam Hames, licence CC-BY-SA 2.0

 

Journée "Recherches et Bibliothèque" du 13 février 2013

La BU Droit-Lettres accueille les doctorants en Droit - Economie - Lettres - Sciences humaines pour une journée de formation où il sera question de Recherches et de Bibliothèque.
Le mercredi 13 février 2013, venez approfondir vos connaissances en matière de recherche de documents (thèses, articles, archives ouvertes,...) et en matière de publication de vos travaux sur le web (zotero, feuille de style,...)

Cette journée sera l'occasion de (re)découvrir les services en ligne  proposés par la bibliothèque : prêt entre bibliothèques, compte-lecteur, accès distant, renseignement via info-bu.

Journée de formation EDLSH 2013 (programme en PDF)
Pour plus d'informations, contactez le responsable des formations : M. Griot

Plagiat dans la recherche : ne fermons pas les yeux

Jean-Noël Darde, Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8 Saint-Denis, se lance dans une grande bataille contre le plagiat dans la recherche universitaire.

Auteur et éditeur du blog Archéologie du copier-coller, il poursuit ses investigations et lance une pétition déjà signée par plus de 70 universitaires.

Libre-accès à l'information scientifique et technique : débat

Le libre-accès à l'IST fait débat en ce moment : bref résumé d'une veille récente.

Évolution de l’archive ouverte HAL-SHS  (Laurent Capelli). Le CCSD est en train de repenser son archive ouverte HAL. Il propose d'en dévoiler les futurs contours : le chercheur au centre du dispositif, moteur de recherche, dépôt de vidéo, épirevues, etc.

Libre accès à la recherche britannique : un projet controversé  (par Annie Vercasson sur Actualitté). Les articles de recherche qui exposent des travaux financés par le contribuable britannique seront consultables gratuitement par les universités, les entreprises et les particuliers, et ce, pour n'importe quel motif et où qu'ils se trouvent. Ce projet est controversé en raison du choix de la voie "premium" ou "gold" (l'auteur paye pour son libre-accès) au détriment de la "verte" (dépôt gratuit dans une archive ouverte)

Chercheurs, le CNRS continue de vendre cher nos articles gratuits  (site de Rue89) Ce texte a été initialement publié sur le blog d’Olivier Ertzscheid, sous forme d’adresse au responsable du service Refdoc (lettre à l'Inist sur le site d'Affordance) à l’Institut de l’information scientifique et technique du CNRS (Inist), et au directeur de l’Inist. Le Refdoc, service de commande de documents de l’INIST/CNRS, dispose d’un catalogue enrichi de 52 millions de notices.

et comme toujours URFIST Info

Le savoir scientifique deviendra-t-il un produit de luxe ?

Serait-ce une énième contestation vouée à faire long feu ou un mouvement de fond qui fera reculer le premier éditeur scientifique mondial, Elsevier ?
Par l’intermédiaire de son blog, Tim Gowers, mathématicien à l’Université de Cambridge et récipiendaire de la Médaille Fields (plus haute distinction académique en mathématiques) en 1998 a radicalisé sa position vis à vis de l’éditeur. Depuis longtemps, défenseur de la libre diffusion des résultats de la recherche scientifique, il enjoint désormais ses collègues chercheurs, à travers une pétition et un site web (The Cost of Knowledge), à refuser l’augmentation incontrôlée des prix des revues scientifiques et les pratiques commerciales d’Elsevier : vendre à prix très élevé un “pack” de centaines de revues plus ou moins intéressantes, enfermer ses clients, universités et bibliothèques en tête, dans un système où ils ne contrôlent ni le contenu, ni la tarification.
En signant la pétition, les chercheurs peuvent s’engager à ne plus publier, participer à la relecture des articles ou faire partie des comités éditoriaux des revues Elsevier.
Depuis son lancement, la pétition a recueilli plus de 6100 signatures à travers le monde, un succès inespéré qui pourrait traduire une prise de conscience des principaux acteurs, les chercheurs, face à un modèle éditorial à bout de souffle, un modèle économique insoutenable et un modèle de diffusion scientifique en décalage par rapport aux enjeux du 21ème siècle.
Et vous, avez-vous signé la pétition ?

crédit photo : Diamonds, Kim-bodia, Licence CC By