Jirô Taniguchi, le mangaka bienveillant

Source : Actualitté

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C'est une grande perte pour le Japon et plus largement pour la bande dessinée : Jirô Taniguchi est mort. Célèbre pour ses mangas sensibles et inspirants, il a donné des chefs d'oeuvre comme :

  • L'homme qui marche, grand récit de l’anodin et de l’introspection sereine
  • Quartier lointain, dans lequel un homme fatigué loupe sa station de train et débarque, sans d'abord le comprendre, dans son quartier d'enfance...  Le voilà parti pour revivre littéralement son adolescence, dans la peau de ses 14 ans... avec son esprit d'adulte. Une fable humaniste aux thèmes universels primée tant au Japon qu'en Occident.
  • Le Journal de mon père, etc.

Pour vous donner envie de découvrir ou redécouvrir son univers, les bibliothèques de La Réunion vous proposent ce tour d'horizon. Retrouvez ici dans notre catalogue les titres que vous pouvez emprunter à la BU Sciences (ou à faire venir dans votre BU!).

Odes au savoir et à la nature. Grand amateur de nature, Jirô Taniguchi a porté les combats de l'homme jusqu'aux plus hautes cimes comme dans K, l'esprit des sommets ou dans la série Le Sommet des Dieux. Dans cette épopée sportive adaptée d’un célèbre roman japonais, on côtoie les légendes, celle de George Mallory, célèbre alpiniste mort durant l’ascension Nord de l’Everest, mais aussi celle des sommets de l’Himalaya et des vents sacrés. Ultra documentée, la série offre de splendides scènes d’escalade que l’on goûte le souffle coupé.

L'esprit d'aventure irrigue aussi ses œuvres animalières : on suit la trace d'un élan, on traque un ours ou l'on se fait encercler par une meute de loups dans les nouvelles de L'homme de la toundra, où l'on retrouve même le célèbre auteur américain Jack London. Des épisodes de chasse qui deviennent métaphoriques dans Setonportrait du Canadien Ernest Thompson Seton : incroyable scène dans le Museum d’histoire naturelle de Paris quand le jeune auteur naturaliste découvre les collections de la bibliothèque spécialisée du musée...! Jirô Taniguchi a même dessiné une Encyclopédie des animaux de la préhistoire.  Autant d’odes au savoir et à la nature.

L'intime. Chez lui, la nature n'est pas qu'un cadre grandiose aux "folles passions des hommes" (note) : elle symbolise surtout la double exigence d'humilité et de vaillance. Humilité que l'on retrouve dans la célébration de l'anodin d'une marche en ville (L'homme qui marche), du silence d'un arbre (les nouvelles de L'Orme du Caucase) ou d'une rencontre (Les années douces). Et vaillance au quotidien lorsqu'il s'agit d'affronter ses démons personnels : la quête d'un père, une famille en délitement, ou une promesse d'honneur (Journal de mon père, Quartier lointain, Le sauveteur).

 

Le "Hergé japonais". Célèbre en France, Jirô Taniguchi était en retour fasciné par la bande dessinée franco-belge, qu'il a pu expérimenter dans son album La Montagne magique, conçue au format BD avec ses contraintes et atouts, et dans Icare, en collaboration avec le grand Moebius. Cette inépuisable source d'inspiration européenne lui a valu le surnom de Hergé japonais.

Quel que soit le manga choisi, on ressort d'une lecture de Jirô Taniguchi avec un subtil sentiment d'amitié -- envers soi, les autres et le monde qui nous entoure. Et ce n'est pas rien !

Source des images : Bedetheque.com.

Une réflexion au sujet de « Jirô Taniguchi, le mangaka bienveillant »

  1. Bravo Gwen, à te lire on a qu'une seule envie : celle de se plonger dans l'œuvre si touchante de Taniguchi. Belle justesse de ta conclusion car c'est bien ce sentiment de profonde communion d'humanité qui ressort à la lecture de la plupart de ses titres.

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